Pourquoi consulter un psy ?

Apprendre que vous avez un cancer du sein, accepter les traitements, annoncer la maladie à vos enfants, reprendre votre travail … Autant de situations qui entraînent des difficultés, voire des troubles psychologiques qui peuvent altérer votre qualité de vie.

Certaines femmes vont retrouver un équilibre rapidement. D’autres vont exprimer facilement le besoin de bénéficier de l’aide d’un professionnel. Certaines hésiteront à se livrer à quelqu’un qu’elles ne connaissent pas.

Et nombreuses sont celles qui diront vouloir « s’en sortir » toutes seules : « Ça va aller. » « Je suis bien entourée ». « Je parle beaucoup avec mes amies ». « Il faut bien s’y faire. Je n’ai pas le choix » « Je n’ai pas vraiment envie ». « Je n’ai pas le temps » ….

Et pourtant, c’est important de pouvoir parler de vos difficultés individuelles ou familiales, d’exprimer la façon dont vous vivez la maladie, de parler de votre fatigue, de vos inquiétudes, de votre tristesse … Vous n’êtes pas obligée de traverser ces moments difficiles toute seule.

« Cela m’a apporté un grand soutien. On est seule face à ce cataclysme : pouvoir comprendre et exprimer ses angoisses sans crainte à une personne autre que l'entourage. »

Pourquoi recourir à un soutien psychologique ?

Dans de nombreux cas, les proches et l’équipe médicale assurent un accompagnement et une présence de qualité. Et puis, parfois, les difficultés liées à la maladie sont trop lourdes et avoir l’avis d’un professionnel, ne serait-ce qu’une fois, cela peut être bénéfique. Cela n’entraine pas obligatoirement un suivi.

Voici quelques exemples qui peuvent vous amener à consulter :

  • vous souhaitez parler de votre maladie à un autre interlocuteur qu’avec vos proches,
  • vous avez de la difficulté à accepter les traitements, voire vous les refusez,
  • vous avez des idées noires et envie de tout laisser tomber,
  • vous ne savez pas comment communiquer avec les autres, vous vous sentez « décalée », incomprise,
  • vous supportez mal le regard des autres,
  • vous êtes souvent triste, « au bord des larmes » ….

Quand faut-il consulter ?

Tout au long de votre parcours, vous pourrez ressentir des émotions fortes, avoir peur de ne pas savoir faire face : dès l’annonce, avant une opération ou juste après, pendant les traitements, au moment de reprendre le travail, plusieurs mois après … Aussi un soutien psychologique peut vous aider à vous sentir mieux.

« Parler avec la psychologue de l’hôpital m’a été d’une grande aide pour dire ma souffrance en début de chimio avec la perte des cheveux et de mon image, traverser les premières étapes de cette situation violente pour moi et mes proches. »

« J'ai eu recours à un psy à la fin de mes traitements, donc à peu près 9 mois après mon opération. Ces rencontres m'ont beaucoup aidée, dans le sens où j'ai pu mettre des mots sur mon mal-être et mes souffrances, surtout psychologiques. »

Comment rencontrer un psychologue à l’hôpital ?

Si un psycho-oncologue est présent dans l’établissement où vous êtes soignée, vous pouvez vous-même demander à le rencontrer.

Ou bien, votre chirurgien, votre oncologue, votre radiothérapeute ou une infirmière vous proposeront de le rencontrer car ils sentent que vous êtes fragile.

« Une infirmière me voyant tellement bouleversée, inquiète et dans l’émotion profonde m’a proposé la visite d’une psychologue. Pourtant réfractaire aux psychologues, pensant surtout ne jamais y avoir recours, j’ai accepté et cela m’a fait un bien fou. »

Un médecin en ville peut aussi vous proposer de consulter.

« C’est ma radiologue en ville qui m’a annoncé la mauvaise nouvelle : une récidive, avec mastectomie. J’étais effondrée. Elle m’a conseillée de me faire aider et de consulter un psychiatre à l’hôpital. Je l’ai fait et je la remercie encore aujourd’hui de son conseil précieux »

Et en ville, qui consulter ?

En ville, vous pouvez consulter :

  • des psychologues ou des psychiatres libéraux. Sachez que seules les consultations avec des psychiatres sont remboursées par l’Assurance maladie.
  • les Centres Médico-psychologiques (CMP) proches de votre domicile qui proposent des consultations gratuites
  • des structures qui proposent des entretiens avec des psychologues (ex : Accueil Cancer de la ville de Paris, les Espaces Ressources Cancer du Nord Pas de Calais)
  • Consulter notre rubrique « S’informer / Liens utiles ».
  • La Ligue Contre le Cancer

Pensez à contacter les bénévoles de Vivre Comme Avant

Parler, entendre parler par une femme qui a vécu la même chose que vous les difficultés et les manières de les traverser, partager son expérience peut être un précieux soutien.

« J’ai reçu la visite d’une bénévole de Vivre Comme Avant lorsque j’étais hospitalisée. Je n’oublie ni son visage, ni ses paroles, et cela date de plus de 30 ans ! »
Contactez-nous !

Les témoignages de cette rubrique sont ceux de visiteuses bénévoles de Vivre Comme Avant

 

C’est quoi un psycho-oncologue ?

Les psycho-oncologues sont des psychiatres ou des psychologues spécialement formés pour aider les personnes atteintes d’un cancer.

Ils assurent un soutien et un suivi des patients et de leur famille par des entretiens individuels ou en groupe. En fonction des besoins, une ou plusieurs consultations seront proposées.

Le psychiatre est un médecin et à ce titre peut prescrire des médicaments.

« J’ai toujours plein de choses à lui dire !!! »

« Dès le début des traitements, on m’a « octroyée » une psy à l’hôpital. Je n’avais jamais eu l’occasion de consulter auparavant, c’était donc une première expérience. Les premières séances ont été désastreuses, je n’avais rien à lui dire ! OK j’ai un cancer et alors ? Je gère... J’en parle beaucoup avec mes proches, c’est suffisant ! Or, les mois passant, il s’est avéré que non, le dialogue que je pouvais avoir avec mes proches était évidemment insuffisant... J’ai alors trouvé une écoute particulièrement positive auprès de ma psy ... et j’ai toujours plein de choses à lui dire... !!! »

« Un espace pour déposer ce qui me faisait souffrir »

« Quelques mois après le retour au travail, j’ai ressenti un sentiment de décalage et d’incompréhension avec des difficultés persistantes, devenant, à distance des traitements lourds, moins légitimes pour moi et mes proches. J’ai consulté un psy. J’y ai trouvé un espace pour déposer ce qui me faisait souffrir, pour pleurer sur mes blessures, mes pertes, mes déceptions et les digérer en épargnant mes proches. »